Proximité et services aux entreprises du territoire

Trois questions à Jean-Pierre LAVIELLE, Président de la CCI sud Alsace Mulhouse.

Les Chambres territoriales ont une vocation de proximité avec le terrain. Qu’en est-il pour la CCI Sud Alsace Mulhouse ?

La CCI est là pour encourager et faciliter la création de richesse sur notre territoire. Nous avons un rôle d’éguillage: permettre les connexions, le réseautage et l’identification des savoir-faire.  Cette notion de proximité, nous l’avions déjà développée il y a sept ans avec la création de la Maison de l’Entrepreneur: un lieu dédié au chef d’entreprise, moins formel que la CCI. Plus que jamais, les dirigeants d’entreprises ont besoin d’être soutenus. C’est pourquoi la proximité est le premier de nos cinq axes stratégiques mis en place début 2013.

Quelles actions sont mises en oeuvre?

Nous avons défini des objectifs prioritaires: prospecter les entreprises n’ayant jamais eu de contact avec la CCI, proposer à nos ressortissants une offre claire de nos services et prestations, assurer la pertinence de la réponse apportée aux entreprises, mettre en place un suivi et évaluer la satisfaction client. Une nouvelle équipe « proximité » a été mise en place pour apporter une réelle valeur ajoutée à nos ressortissants.

L’accueil des entrepreneurs au sein de la CCI est-il en adéquation avec ce souci de proximité?

L’année dernière, l’accueil de la CCI a été repensé avec la création d’un nouveau centre de contact. Il nous permet de mieux réguler le flux entrant et d’accueillir le visiteur dans les meilleures conditions. Cet été, la Maison de l’Entrepreneur va également être réaménagée selon les nouveaux modes d’organisation et de travail collaboratif, encore peu pratiqués dans les entreprises. Nous voulons inspirer nos entreprises, leur permettre de tester l’efficacité des ces nouveaux équipements empreints de co-construction.

Cotisation Foncière des Entreprises & compétitivité

Cotisation Foncière des Entreprises : un choc… mais pas celui de la compétitivité

«Dans cette période économique difficile, la forte hausse de la cotisation foncière de certaines entreprises est un véritable pavé dans la mare de notre compétitivité. Je comprends  tout à fait ces dirigeants  d’entreprises qui se fédèrent sous le nom Les pigeons de Mulhouse.

 Bien sûr, la réforme de la Taxe Professionnelle a allégé les prélèvements pour certains secteurs, les industriels en particuliers. Ils voient leur contribution allégée, ce qui leur donne un sérieux  coup de pouce sur les marchés mondiaux et nous nous en réjouissons.

 Mais il ne faut pas que d’autres – commerçants ou  prestataires de services – soient non seulement exclus de cet avantage, mais lourdement pénalisés. Sur 13 788 entreprises  inscrites au Registre du Commerce et des Société en Sud Alsace,  11 152 relèvent du secteur du commerce et des services. C’est un pan majeur de notre économie.

 La CCI,  en tant que représentant des entreprises, n’est pas consultée par les collectivités locales et territoriales lorsqu’elles élaborent la fiscalité touchant les entreprises. C’est regrettable  et nous avons certainement des passerelles à trouver dans ce domaine. La situation que nous vivons aujourd’hui doit inciter à le faire au plus vite.

 Depuis des années, notre CCI a pointé la forte pression fiscale de certaines municipalités,  en publiant la liste des mauvais élèves dans un Palmarès de la taxe professionnelle des Communes. Nous avons réussi, dans certains cas, à travailler avec les collectivités, par exemple avec la Ville de Mulhouse pour l’élaboration, dans un cadre raisonnable,  de la taxe locale sur la publicité extérieure en  2009 (taxe sur les enseignes).

 Quoi qu’il en soit,  je voudrais quand même souligner une chose. Si vous prenez en main l’avis d’imposition, vous verrez qu’il est titré « Cotisation foncière des entreprises et taxes pour frais de Chambres de Commerce et d’Industrie, taxes pour frais de Chambres de Métiers et de l’Artisanat et imposition forfaitaire sur les entreprises de réseau ». La cotisation pour frais de Chambres de Commerce et d’Industrie d’une PME ne représente que  2  % de la base de la taxe en Alsace. Les CCI se sont engagées dans une réduction de leurs dépenses de 15 % sur 3 ans, tout en continuant à assurer leurs missions : gestion de l’apprentissage, accompagnement de la création d’entreprises, délivrance des formalités à l’export, appui aux associations et fédérations de commerçants…

Si tout le monde appliquait cette rigueur, nos ressortissants n’en seraient  pas à se sentir pris pour des pigeons…

Relancer l’export dans les PME

Le commerce extérieur de la France en berne

La situation du commerce extérieur de notre pays  est inquiétante : un déficit de 51,5 milliards d’euros en 2010 et de 69,6 milliards en 2011 ! La France ne compte aujourd’hui  pas plus d’entreprises exportatrices qu’en 1995. Pourtant l’exportation et l’investissement direct à l’étranger sont des vecteurs de création et de protection de nos emplois et un moyen incontournable pour réduire nos  déficits. En avril dernier, à l’occasion des élections présidentielles, le réseau des CCI de France à fait 22 propositions pour redresser notre économie,  dont une partie concerne le développement à l’international.

Un plan d’urgence pour l’internationalisation des entreprises

Les CCI demandent au gouvernement de lancer un plan d’urgence pour l’internationalisation des entreprises (on pourrait lier l’octroi d’aides européenne à la participation de PME et PMI originaires de l’Union aux projets aidés, imposer aux grands donneurs d’ordres français une quote-part de PME et PMI françaises dans les contrats à l’étranger…).  Les CCI souhaitent également  le  renforcement  des dispositifs d’accompagnement des entreprises comme le crédit d’impôt export ou encore la création d’une formule spécifique d’apprentissage « export ».  Les autres pistes évoquées sont nombreuses : associer au conseil à la création d’entreprise un conseil en développement international, favoriser les  pratiques de l’e-commerce international, passer des conventions d’objectifs et de moyens avec les Conseils régionaux…

 Un dispositif régional efficace

En Alsace les CCI ont signé, il y a un an déjà,  une convention avec l’Etat et le Conseil Régional d’Alsace pour mettre en synergie les dispositifs opérationnels des différents partenaires : CCI de Région Alsace, Conseil Régional, UBIFRANCE, Conseillers du Commerce Extérieur, OSEO, COFACELa CCI de Région Alsace joue ainsi  le rôle de pivot de l’accompagnement à l’export des entreprises régionales avec son guichet CCI ALSACE EXPORT. Je vous invite à contacter CCI ALSACE EXPORT pour accompagner vos premier pas à l’international. Si vous n’êtes pas encore présent sur des marchés étrangers, votre entreprise a peut-être des atouts à y faire valoir : votre savoir-faire, votre rigueur, votre French Touch…

Jean-Pierre LAVIELLE
Président de la CCI Sud Alsace Mulhouse

Productivité : et s’il était possible d’être plus performant ?

Le « lean », qui signifie «maigre» ou «amaigrissement» est une méthode d’organisation du travail visant à améliorer la productivité de l’entreprise. Développé dans le monde automobile par Toyota, le « lean manufacturing » débarque aujourd’hui dans les PME avec des résultats probants. Le principe de cette technique – certains vont jusqu’à parler d’une « philosophie »  – est simple : être capable de reconfigurer en permanence ses processus organisationnels et son management.

Les méthodes du lean s’adaptent particulièrement bien aux PME : elles sont pragmatiques, concrètes et leur mise en oeuvre est généralement peu complexe à l’image par exemple du management visuel. Les résultats ne se font généralement pas attendre : diminution des stocks, gain de temps, réduction des erreurs… avec comme corollaire moins de fatigue, moins de stress et plus de confort pour les collaborateurs.

Le lean est-il une réponse toute trouvée au risque de désindustrialisation ?

 Pour l’instant cette méthodologie n’est pas généralisée même si elle gagne du terrain dans nos entreprises. Car elle suppose une petite révolution culturelle interne : accepter de remettre à plat toute son organisation industrielle. Et les gains de productivité ne peuvent se réaliser sans l’adhésion totale de l’ensemble des salariés. Avant de se lancer, il est donc nécessaire de convaincre, d’expliquer à quoi ça sert, de donner du sens.

Jean-Pierre LAVIELLE
Président de la CCI Sud Alsace Mulhouse

Transmission d’entreprise : un projet à anticiper

La crise financière, le durcissement de l’accès au crédit et surtout la détérioration de l’indice de confiance dans la croissance économique sont certainement à l’origine de l’érosion de la transmission d’entreprise ces dernières années. Il s’agit pourtant d’un enjeu de taille pour notre économie.

L’étude du groupe bancaire BPCE, estime que 5,9 % des PME et ETI (Entreprise de Taille Intermédiaire) ont été cédées au courant de l’année 2010, ce qui représente entre 1,4 million et 1,5 million d’emplois. Dans la même étude, 24 % des dirigeants de PME interrogés déclarent avoir l’intention de céder, totalement ou en partie, leur entreprise dans les deux ans à venir. Lire la suite

Perte du triple A : gardons la tête froide

Ça y est ! L’épée de Damoclès de la perte du triple A s’est abattue sur l’économie française. Le fracas n’a d’ailleurs pas été aussi retentissant que l’on pouvait l’imaginer. Il est vrai que l’affaire paraissait entendue : la France était depuis quelques mois dans le collimateur des agences de notation. Et puis, comme l’a souligné le Premier Ministre François FILLON, « L’échelle de notation de Standard and Poor’s a 21 crans. C’est comme si la France était notée 20/21». Lire la suite